Commémorations

Dimanche 26 avril 2026

Inauguration du Mémorial de la Résistance et de la Déportation : un moment d’histoire partagé à Redon.

Ce dimanche 26 avril, la Gare Nord de Redon a accueilli l’inauguration du Mémorial de la Résistance et de la Déportation des Pays de Redon et de Vilaine, un nouveau monument dédié à la transmission de la mémoire locale.

La cérémonie a débuté dans l’émotion, par le dévoilement du monument en présence de familles de déportés et résistants morts pour la France et de 8 élèves de l’école Renaudeau d’Allaire, symbolisant le passage de témoin entre générations.

Des moments émouvants également à la lecture des discours, de M Philippe PUSSAT, Président de l’association “Mémoire des déportés et Résistants en Pays de Vilaine”. Puis, le Maire de Redon et le Président de Redon agglomération ont pris la parole pour s’exprimer sur le devoir de mémoire et de résistance, en particulier en ces moments de tensions et de conflits mondiaux.

Discours de M. PUSSAT

Discours cérémonie_Télécharger

Un dépôt de gerbes est venu ensuite honorer les résistants et déportés du territoire, avant que la Chorale Éphémère du conservatoire de Redon n’interprète plusieurs chants commémoratifs.

L’oeuvre mémorielle représente un Chêne, symbole de la Résistance, et les feuilles, un espoir renaissant.

Organisé conjointement par Mémoire des Résistants et Déportés des Pays de Redon et de Vilaine, la Ville de Redon et Redon Agglomération, l’évènement s’est tenu en présence d’élus, d’associations mémorielles et du public.

Ce nouveau mémorial s’inscrit dans une volonté partagée de préserver et transmettre l’histoire locale, en rendant hommage à celles et ceux qui ont combattu pour la liberté.

***************************************************************************************************************

Paru dans OUEST FRANCE le 25 avril 2026

Un émouvant récit de notre histoire locale.

Retrouvée, la plaque du pilote ravive le récit du crash de 1944

La relique a ravivé les souvenirs des témoins de l’atterrissage forcé de deux aviateurs américains dans un village du Morbihan.

Dominique Le Lay

Le 29 avril 1944 restera une journée gravée à jamais dans la mémoire de plusieurs personnes qui vivaient, à l’époque, à Allaire (Morbihan). Émile Mainguet, 97 ans, Marcel Baron, 92 ans, Bernard Coyac, 93 ans et Alain Moquet, 89 ans en font partie. Samedi dernier, dans les locaux de la mairie voisine de Saint-Jean-la-Poterie, ils sont venus se remémorer cette journée, si particulière, en présence de l’Association bretonne du souvenir aérien (Absa) et du Groupe patrimoine et histoire locale d’Allaire.

« Mais aussi découvrir un souvenir d’une valeur inestimable, trouvé, le 30 décembre dernier, par Éric Renaudeau, fils et petit-fils de résistants d’Allaire durant la Seconde Guerre mondiale. Cette découverte est la plaque d’identification militaire de l’aviateur américain : Norman Davis Hersberger » , dévoile Daniel Baron, coordonnateur du Groupe patrimoine et histoire locale d’Allaire. Mais quel est le lien de cette plaque avec les personnes présentes, samedi dernier ? Pour cela, il faut replonger dans le temps et donc s’arrêter au 29 avril 1944.

Les deux pilotes s’éjectent

« Ce jour-là, une mission d’attaque massive est programmée pour la 8th Air Force de l’US Army sur la gare de Friedrichstrasse à Berlin. Un programme d’ampleur puisque participent, très exactement, 751 bombardiers. Ils sont soutenus par 593 chasseurs, dont ceux des jeunes aviateurs américains Norman Davis Hersberger et Albert George Johnson » , raconte Benoît Paquet, président de l’Absa, dont le but est de faire des recherches concernant l’histoire aérienne de la Seconde Guerre mondiale, de retrouver parfois les épaves, de retracer l’histoire et d’informer les familles.

Isabelle Guillermic, de cette même association, explique que les combats au-dessus de l’Allemagne furent violents et longs. Aussi, le retour vers l’Angleterre semble compliqué pour les deux pilotes américains de Mustangs. « Si Hersberger a connu un souci de carburant, Johnson semble avoir eu des problèmes de moteur. Alors, les deux pilotes s’éjectent de leurs avions, en même temps, en sautant en parachute au-dessus d’Allaire » , développe Isabelle Guillermic.

« Ma mère et mon frère ont été mis en joue »

Au moment du crash de l’avion d’Albert George Johnson, Marcel Baron, 10 ans à l’époque, se souvient d’un bruit assourdissant. « Nous étions en classe au manoir de Coueslé, car l’école des garçons était réquisitionnée par l’armée allemande. Notre maître, l’abbé Auguste Lelièvre, ayant vu par la fenêtre le Mustang tomber, s’est précipité sur les lieux en nous laissant seuls. Nous avons essayé d’aller voir. »

De son côté, Norman Davis Hersberger est tombé « à côté d’une maison en construction, où je travaillais. J’ai vu le pilote américain juste devant moi. La Gestapo mettra un moment à venir. Personne ne voulait rien dire. Alors, avec un revolver, ils ont mis en joue mon petit frère de 8 ans, puis ma mère, revit, très ému, Émile Mainguet, âgé de 15 ans ce 29 avril 1944. Furieuse, ne trouvant rien, la Gestapo a fouillé notre maison. »

Plusieurs habitants d’Allaire vont aider les deux aviateurs. Maurice Renaudeau, le père d’Éric, et Paul Ayoul recueillent Norman Davis Hersberger. Quant à Albert George Johnson, « c’est mon père Joseph qui l’a récupéré, glisse Bernard Coyac, 11 ans à l’époque. L’aviateur s’est blessé lors du saut en parachute. Sa jambe a touché l’arrière de son avion. Mon père a été aidé par Georges Lebel qui a porté le pilote sur plusieurs kilomètres, à travers les bois. »

Arrêtés par la Gestapo et torturés

Avant leur exfiltration vers l’Espagne, les deux Américains, « seront cachés, plusieurs jours, par mon père, Auguste Moquet, au château familial de La Béraye, à Caden, complète Alain Moquet, 7 ans en 1944. Famille de dix enfants à l’époque, onze après-guerre, nous n’avons jamais croisé les nombreux membres d’équipage recueillis au château car ils sortaient uniquement la nuit. »

Plus tard, les deux aviateurs seront arrêtés à Bayonne par la Gestapo. « Dans un journal local, publié dans le Maryland, Norman Davis Hersberger a raconté la suite. On apprendra que même sous les tortures, il n’a jamais donné les noms et les contacts de la Résistance française. Lors de sa capture, il pesait 82 kg, deux mois et demi plus tard, il ne pesait plus que 44 kg » , rapporte Isabelle Guillermic.

Pour les personnes présentes samedi, ce pilote est un héros. Qu’Éric Renaudeau ait retrouvé sa plaque militaire, 81 ans après, les a bouleversés. « Voilà treize ans que ma mère est décédée. J’avais découvert un carton, mais je n’étais pas allé au bout. Je l’ai fait en décembre dernier. J’ai trouvé sa robe de mariée, ses lettres d’amour échangées avec mon père et surprise… une chemise précieuse avec divers documents et la plaque de ce pilote américain. Norman a dû la remettre à mes parents au moment de leur rencontre et de l’exfiltration qui s’ensuivit » , raconte Éric Renaudeau.

Grâce au travail de fourmi de l’Absa, des morceaux de l’avion ont été retrouvés depuis. L’association les conserve précieusement. « Nous allons voir si nous remettons cette plaque à la famille de Norman, si elle est intéressée, ou si elle va rejoindre les parties de l’avion. »

Contact : groupepatrimoineallaire@gmail.com

***************************************************************************************************************

A l’occasion du 80ème anniversaire du 8 mai 1945, Allaire a souhaité « transmettre le flambeau du Souvenir et de la Mémoire ».

En partenariat étroit avec le Groupe Patrimoine, la Médiathèque, le collège St Hilaire et les 2 écoles primaires, les élus, ont concocté cette année un copieux programme d’animations pour célébrer l’évènement, ô combien important en ces temps troublés.

 Dès le 24 avril 2025, Philippe PUSSAT, auteur de l’ouvrage « Résistants, 7 destins croisés » est intervenu à l’Ecole Renaudeau pour expliquer aux élèves de CM1 et CM2, le parcours et l’engagement dans la résistance d’Eugène et Maria RENAUDEAU. Les enfants appréhenderont désormais bien autrement le nom donné à leur école.

Le 28 avril, c’est l’école Sainte Anne qui a reçu Benoît MAHE et Daniel BARON, membres investis du Groupe Patrimoine pour évoquer le parcours de Gabriel MAHE, grand-père de Benoît, rappelé à l’activité militaire le 26 août 1939 puis fait prisonnier de guerre.

Les interventions dans les classes se sont poursuivies le 29 avril, avec les interventions de Benoît PAQUET, Président de l’Association Bretonne du Souvenir aérien 39-45 à l’école Renaudeau, celle de Jérémy LE FOULGOC lors d’un atelier pédagogique porté par le Service Enfance Jeunesse de la commune, pour expliquer aux enfants le principe et le sens des commémoration patriotiques.

Benoît PAQUET est revenu le même soir en Mairie d’Allaire pour une conférence au cours de laquelle il a abordé l’accident de deux aviateurs américains, survenu le 29 avril 1944 sur allaires et des suites intervenues pour leur exfiltration par la résistance locale.

Cette soirée a eu un grand succès auprès de la population venue en nombre écouter cet épisode émouvant de notre histoire locale et le témoignage de nos anciens présents dans l’assemblée.

Puis, le 6 mai dernier, ce fut l’intervention (auprès du Collège d’Allaire) puis en Mairie de Stéphanie TROUILLARD. Cette journaliste à France 24, autrice et spécialiste de la seconde Guerre mondiale a évoqué les héros et les victimes de la seconde guerre mondiale dans le Morbihan.

Le 7 mai le Groupe Patrimoine a préparé l’installation de la très complète exposition « Allaire durant la Guerre 39-45 » que les allairiens ont pu découvrir par le biais de 25 panneaux illustrés, du parking de la rue de Redon au parc paysager de la Mairie. Et si vous ne l’avez pas encore vue, cette exposition restera en place jusqu’à la fin de l’année.

Toutes ces animations avaient pour but de nous mener à la Commémoration officielle et des hommages rendus le 8 mai pour célébrer ce 80ème anniversaire.

Après la traditionnelle célébration au pied du Monuments aux Morts, ce fut le moment émouvant de la remise du portrait de René LE MAUFF et de sa citation à l’Ordre de la Nation à la commune d’Allaire par ses descendants.

Puis, le lendemain 9 mai, un nouvel hommage a été rendu aux combattants, prisonniers de guerre, Résistants, Déportés et Morts pour la France,

en présence d’une centaine d’écoliers de l’Ecole Publique Renaudeau et de l’Ecole Privée Sainte-Anne ainsi que des Classes de 3ème du Collège Saint-Hilaire, des membres du Groupe Patrimoine et Histoire locale, de familles de Résistants ou de Déportés, d’habitants d’Allaire, de membres de l’association « Mémoire Résistants et Déportés des Pays de Redon et de Vilaine », de l’ONACVG, du Souvenir Français et les Anciens Combattants, ains que de la Presse locale qui a couvert l’évènement.

Précédemment…